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Glossae Scripturae Sacrae-electronicae (Gloss-e)


<26_1. Psalmi 1-25*>

© Martin Morard laborante edidit, Marie-José Sorbets collaborante, Parisiis, 2015, 2e ed. corrigée 2019 [texte des Psaumes révisé, glose : révision en cours].

Glossa :

Rusch : Biblia latina cum Glossa ordinaria, ed. A. Rusch, Strasbourg, 1480, t. 2, Erfurt, f. 228rbva-326rb ; facsim., p. 456b-651b.

Textus Bibliae :

Rusch

Nous avons fait ici une exception au principe de reproduction du texte biblique de Rusch. Le texte des Psaumes établi ci-dessous est une reconstitution du textus receptus ‘gallican’ qui s’est progressivement imposé en Europe continentale, dans les liturgies latines du cursus romain et du cursus monastique, dans les psautiers glosés et dans les commentaires scolaires entre la fin du 9e siècle et le Concile de Trente. Les leçons propres à l’édition Rusch de la Glose ordinaire (Rusch tantum dans les apparats), ainsi que celles de l’édition critique de la Vulgate (Ps-G = Edmaior.) sont rejetées dans l’apparat du texte biblique, tandis que nous restituons les leçons majoritaires en circulation au Moyen-Âge signalées dans l’apparat de l’édition critique du Psautier gallican (rell. codd. et edd. = plerique codd.) confirmées par la collation de quelques témoins remarquables non glosés, non pris en compte par l’Edmaior, mais significatives des usages et de la réception liturgico-scolaire du texte : psautiers prototype cirstercien (D30) et dominicains, etc. La division médiévale des versets, commune dans la majorité des cas, aux psautiers liturgiques et glosés, est également restituée ainsi que les médiantes à partir du psautier protoype de Cîteaux (Dijon, BM, ms. 30 ; sigle D30). Les écarts observés sont signalé dans les notes d’apparat <divisio.>

Le texte biblique de Rusch s’écarte des témoins du texte critique plus souvent dans le Psautier que dans les autres livres de la Bible. L’origine de ces leçons propres reste à déterminer par des sondages dans les psautiers des 12e et 13e siècles non pris en compte par les éditions critiques du Ps-G (Psautier gallican) et du Ps-R (Psautier romain et anciens pDsautiers latins). Rusch s’accorde plusieurs fois avec le groupe insulaire [Hi ΩM] contre le textus majoritaire du Psautier ; il s’écarte moins souvent du Ps-R et des versions vieilles latines que le textus receptus. Il est possible qu’il s’agisse de corrections apportées par Rusch pour faire concorder son texte avec les gloses patristiques mais je ne peux pas le prouver à ce stade de l’enquête, encore en cours, et cette hypothèse ne se vérifie pas dans tous les cas.

=> in apparatu :

Ps-G : Psalterium iuxta Septuaginta Hieronymo translatu, in Biblia vulgata, ed. Weber-Gryson, Stuttgart, 1994, p. 770-954.

Bari1 sine titulis : Ps. 73, 94

Bari3 sine titulis : Ps. 73, 94-95

D14 : Ps. 24-26, 34, 60-62, 94, 100, 109, 117, 118-3-4, 6, 9

D30 : Ps. 1-38, 60-71, 90-150.

Hi : sine titulis Ps. 94, 117, 118-3-9

P748 : Ps. 94-96

P10489 : sine titulis

P10525 : Ps. 73 (1 leçon commune avec Bari1), 94

P15613 : Ps. 94-95

ω1 (13e s. ¾ : prototype de la liturgie dominicaine): sine titulis Ps. 36, 60-62, 68, 73, 93-94, 109-110, 117-118

ω2 (13e s. 4/4 : exemplaire de référence du maître de l’ordre dominicain) : sine titulis Ps. 73, 94, 109, 118, 1-3

Pisa : Psautier-bréviaire de la seconde moitié du 15e siècle conservé au couvent des moniales dominicaines, communiqué par Sylvie Duval.

P3255 : Ps. 93-94

Ω: Ps. 94-96 ; 119-130

ΩP [Lien vers la numérisation]  : sine titulis Ps. 60-62, 68, 73, 94-96, 109

Ω: Ps. 94-96

ΩX : Ps. 68, 86 etc.

Cor2 : Ps. 73 (Cor2 F) et passim

Cor3 : deficit

Le titres des psaumes sont omis par les psautiers (non glosés) Hi Ψ B ΩM Δ (psautiers dominicains) Ed1455 omettent toujours les titres bibliques des Psaumes. Nous ne le signalerons plus dans les apparats. Val24 D30 associent titres bibliques et titres chrétiens, guide de la récitation du Psautier in personna (« voce ») Christi et Ecclesiae dont on retrouve des traces dans la plupart des commentaires des Psaumes antérieurs à l’exégèse des écoles, ainsi que dans certains manuscrits glosés du Psautier et du Cantique. D30 s’apparente à la série 1 [saint Columba] des tituli Psalmorum édités par Pierre Salmon, avec de nombreuses variantes de la sous-classe des témoins du 12e siècle. Les titres de D30 ont été intégralment collationnés.

Psautier franciscain : Les franciscains ont adopté le bréviaire de la Curie d’Honorius III (à ne pas confondre avec le bréviaire romain). Dans ce dernier, le Ps-R est remplacé par le Ps-G [Oxford, Bodleian Library, Canonici Liturg. 379 (cat. 19462) ; Van Dijk, Ordinal, 1975, p. XXIV]. La règle franciscaine précise que la version du psautier utilisé sera le Ps-G Toutefois, à la différence de ce que feront les domicains à partir d’Humbert de Romans, la première version manuscrite du bréviaire franciscain diffusée à l’occasion du chapitre général de 1230, ne contenait pas de psautier [Van Dijk, Ordinal, 1975, p. XXV : « Gallican Psalter which howhever was not provided with the edition itself » ; v. g. Assisi, Sacro Convento, ms. 694]. Chacun demeurait libre d’adopter un psautier gallican disponible [voir par exemple Meaux, BM, ms. 3, f. 1-26 : psautier copié en France, 13e 2/4, avec ajout 13e des antiennes fériales et des accents toniques, ainsi que dans toute la suite du bréviaire, en vue de la psalmodie collective. Le bréviaire à proprement parlé est d’origine italienne selon Van Dijk, ibid., note 8].

Psautier dominicain : Le prototype de la liturgie dominicaine (Δ = ω 1 ω² ) est le seul témoin de la correction du Psautier gallican effectuée par les dominicains de Saint-Jacques de Paris au 13e siècle. Ni la bible dite « de Saint-Jacques » (ΩJ), ni les correctoires dominicains - Hugues de Saint-Cher (Cor1), Cor3 - ni le correctoire dit Sorbonne 1 (CorS1) issu du même antigraphe que le Cor3 des marges de la bible ΩJ ne comportent de Psautier. Pourtant le prototype d’Humbert de Romans ω 1, est contemporain de ΩJ ; ω² lui est postérieur d’au moins une décennie (v. 1270 selon M.-Th. Gousset, « La décoration du Prototype »). De nombreuses leçons de ces témoins confrontés par sondages aux psautiers-bréviaires P3255 [Poissy] T77 T79 [Toulouse ] Bo179 [Bologne] Fi [Firenze, Archivio di Santa Maria Novella, I.B. 56 (f. 49-194) monialium monasterii Sancti Iacobi de Ripolis de Florentia, corrigent le texte liturgique majoritaire par des leçons identiques à celles qui ont été retenues au 20e siècle comme texte critique du Psautier Hexplaire (Ps-G) ; d’autres le corrigent par un retour aux leçons du Ps-R, souvent considéré au Moyen-Âge comme témoin privilégié du texte grec de la Septante. On constatera dans nos apparats que nombre de ces corrections ont été écrasées par la force du textus receptus majoritaire et ne se sont pas maintenues de façon homogène dans la tradition dominicaine. On observera surtout que ω 1 et ω² ne concordent pas toujours. ω ² présente beaucoup d’erreurs de copie (voir Ps. 73

Psautier de Notre-Dame de Paris : le psautier du bréviaire parisien à l’usage de Notre-Dame est représenté par trois témoins choisis :

Bari1, psautier-bréviaire, copié avant 1296 (13e 4/4) ;

Bari3, psautier-bréviaire, copié avant 1296 (13e ¾ ? écriture méridionale) ; usage liturgique

Le texte des deux psautiers présente quelques variantes uniques communes, mais il n’est pas possible à deux chantres de psalmodier ensemble les mêmes versets simultanément à partir des deux manuscrits en même temps.

P15613 : Psautier bréviare contemporain, légué à l’usage de la Sorbonne par son fondateur (+1274) ; le psautier, d’une autre origine que le corps d’ouvrage, semble de la première moitié du 14e siècle. Sur la datation et la destination liturgique de ces livres, voir les travaux de Maria Gurrado sur la liturgie de Notre-Dame de Paris au 13e siècle à qui je dois la communication des photographies de ces manuscrits et les in. Nos collations (sondages : Ps. 101, 106, 107, 109, 116, 118-1 etc.) montrent que plusieurs leçons (idiosyncrasies graphiques et traces du Ps-R) sont communes à P15613 et Bari1 qui semblent dépendre d’un modèle commun (voir notamment la leçon allixisti me pour allisisti me, propre à ces deux manuscrits). D’autres leçons ne sont pas attestées dans les autres psautiers bibliques parisiens ou dominicains contemporains. La ponctuation psalmodique (division des versets, flexes, médiantes) des deux manuscrits est assez concordante et se rapproche de celle du psautier dominicain.

P10525 : Nous y ajoutons le pseudo psautier de Louis IX copié entre 1258 et 1274, plus vraisemblablement à cette dernière date d’après l’analyse de P. Stirnemann.

P748 : psautier bréviaire à usage d’une église de Paris (probablement Notre-Dame, selon Maria Gurado10.4.2018), 13e 2/4, sans titre ni antienne, liturgisé au cours du 13e s.

***

La numérotation des Psaumes est celle du Psautier Septante (Ps-G) seule en usage dans jusqu’à la fin du 15e siècle.

La numérotation des versets en chiffre arabes correspond à la division moderne établie par les éditeurs du 16e siècle à partir de la stichométrie hébraïque, appliqué au Psautier latin à la fin du 16e siècle.

La numérotation en chiffres romains correspond à la stichométrie du Psautier latin traduit sur le grec de la Septante, déjà attestée par le Psautier romain (Ps-R) et conservée par saint Jérôme dans le Psautier gallican (Ps-G). Cette seconde division est la seule en usage dans la psalmodie liturgique latine et les commentaires bibliques jusqu’au concile Vatican II. C’est elle qui structure toutes les versions de toutes les versions médiévales de la Glose sur les Psaumes. La numérotation des versets de la stichométrie latine est pratiquement inconnue du Moyen Âge.

Les ponctuations intermédiaires (mediantes) sont indiquée par un trait penché arrière « \ ». Ici encore nous avons fait usage de notre liberté d’éditeur en matière de ponctuation. Il a fallu parfois s’écarter de Rusch dont les particularités en la matière ne paraissent pas mériter l’attention. Nous avons préféré reproduisent la ponctuation du psautier cistercien modèle D30 qui coïncide le plus souvent avec l’usage majoritaire.Nous réservons à une étude spécifique l’analyse des nombreuses variations de ces données propres à l’histoire du Psautier latin.

Les sondages effectués à ce jour indiquent que les gloses sur les titres bibliques des Psaumes sont plus nombreuses dans l’édition de 1481 que dans les anciens manuscrits de la Glose de Laon.

Fontes principales :

Augustinus Hipponenseis, Enarrationes sive tractatus in Psalmos.

Cassiodorus, Expositiones in Psalmos.

Hieronymus (pseudo), Breviarium in Psalmos, PL 26.

[Martin Morard, 1 mars 2019, résultats partiels portant sur la collation de Rusch avec Edmaior. et des sondages dans les autres témoins cités]


Comment citer cette page ?
Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT-CNRS), « Glossa ordinaria cum Biblia latina, <26_1. Psalmi 1-25*> » , dans Morard Martin (dir.), Glossae, gloses et commentaires de la Bible au Moyen âge, 2016 (permalink : ). Consultation du 12/11/2019.